Vers une ville végétalisée

Conseil municipal du 4 juillet 2022

Rapport 2022-191 Transition écologique et sociale du parc privé ‘ Mieux chez moi ‘ : Élargissement du dispositif communal opérationnel 2021-2022-2023 au soutien à la végétalisation des espaces résidentiels collectifs.
Intervention commune à l’ensemble des groupes de la Majorité municipale par Agnès Thouvenot

Monsieur le Maire, chers et chères collègues, Mesdames et Messieurs,

Cette délibération s’inscrit dans le cadre global de la transition écologique et sociale des copropriétés. Elle fait suite à la délibération du 5 juillet 2021 où nous avons renforcé nos aides pour l’écorénovation mais aussi ajouté des aides sur l’accessibilité et l’adaptation des copropriétés.

Un an après, le Conseil municipal doit approuver un nouveau volet de cette transition écologique et sociale : celui de la végétalisation. 

1. La végétalisation, enjeu principal du dispositif.

Végétaliser massivement la ville n’est pas seulement un effet de mode ou une vision poétique de la ville mais devient un impératif catégorique si l’on souhaite pouvoir maintenir un territoire vivable. Les épisodes caniculaires mais aussi les très violents épisodes pluvieux nécessitent de végétaliser et désimperméabiliser massivement les sols au risque sinon de dégâts considérables pour les habitants. L’augmentation des primes d’assurance n’en est qu’un petite illustration.

Si la ville et la métropole sont volontaristes sur les espaces publics, il faut se rappeler que le domaine privé représente 60 % du territoire communal. C’est également avec les résidences privées qu’il faut agir.

La règlementation du PLUH actualisée impose de nouvelles surfaces de pleine terre, permettant d’accroitre la végétation. Mais il faut aussi s’attaquer à l’existant. Les grandes copropriétés construites entre les années 1960 et 1990 ont souvent réduit à la portion congrue leurs espaces verts – préférant le bitume moins coûteux à entretenir et plus pratique pour le stationnement des voitures. C’est pour ces résidences en particulier que cette délibération est prise – visant à produire un effet de levier.

L’accompagnement des copropriétés va permettre également de les aider à diversifier les variétés végétales, assurant de la biodiversité et accroissant les continuités écologiques, permettant de compléter la trame verte de notre milieu urbain.

2. La méthode: Une approche globale de la transition écologique et sociale du parc privé.

Mais au travers de cette délibération, je souhaiterais souligner aussi la méthode villeurbannaise que nous renforçons année après année. De la rénovation énergétique des copropriétés nous sommes passés à un dispositif d’accompagnement à la transition écologique et sociale des copropriété. L’an dernier à cette même date, nous introduisions dans notre règlement de soutien à la rénovation énergétique un volet accessibilité et adaptation pour les personnes en perte d’autonomie. Bien chez soi, c’est le nom du programme. Le volet végétalisation constitue un volet supplémentaire. 

Au-delà des volumes financiers – non négligeables – que nous consacrons à cette politique publique, la réussite du dispositif tient dans son animation et la fonction de « guichet unique ». La Ville de Villeurbanne et ses habitants peuvent s’appuyer sur le savoir-faire de l’Alec et de SOLIHA. Ces deux partenaires associatifs accueillent et accompagnent les ménages et les copropriétés, prenant par la main tout ceux qui ont besoin d’aide pour monter des dossiers souvent complexes. Cette confiance dans le secteur associatif – financé pour leur offre de service mais aussi leur projet associatif – permet aussi de soutenir de l’innovation sociale.

C’est dans ce cadre que Soliha nous a proposé de tester le diagnostic multi-usage des copropriétés.

Deux ont été réalisés et permettent sur des copropriétés identifiées comme fragiles d’avoir une approche globale :  sécurité incendie, végétalisation, locaux vélo et poussette, borne de recharge pour les véhicules électriques, énergies renouvelables… Bref, une porte d’entrée remarquable pour les copropriétés et pour mettre en mouvement les syndicats de copropriété vers la rénovation énergétique.

3. Les enjeux énergétiques.

Alors que le coût de l’énergie explose, il nous faut accompagner plus vite et plus fort les copropriétés. Alors que les bailleurs sociaux font des efforts considérables pour rénover les logements sociaux – EMH a annoncé 17 millions euros de travaux sur la résidence Monod soit 70 000 euros par logement – les grosses copropriétés vont bénéficier d’économie d’échelles. Nous devons être vigilants sur les plus petites copropriétés, aux syndics souvent bénévoles qui pourraient si nous n’y prêtons pas attention décrocher, et se transformer à terme en habitats indignes.

Aujourd’hui nos dispositifs publics sont construits pour soutenir ceux qui font la démarche. Il nous faut vraisemblablement inverser la donne et aller vers avec une approche volontariste, systématique et qui lutte contre le non recours. 
Avec certains élus de cette assemblée, nous réfléchissons à créer une démarche de quartier zéro passoire thermique.

S’il faut « industrialiser » pour largement amplifier la rénovation énergétique, il s’agit également de préserver les caractéristiques architecturales des bâtiments et vérifier la balance carbone de la réhabilitation, intégrer les enjeux de confort d’été qui ne sont pas mesurés par l’étiquette énergétique des bâtiments. 
Il faut cibler les aides financières sur des aides massives et non sous-poudrer 
Le chantier est immense. Mais C’est une brique supplémentaire du droit au logement – un logement digne, abordable et qui protège des aléas climatique qu’il nous faut construire.

Poursuivons cette histoire en faisant de Villeurbanne un territoire exemplaire en terme d’économie de l’énergie, à tous les sens du terme. AU XIXe siècle Villeurbanne avait vu la construction du barrage hydroélectrique de Cusset. Un outil puissant qui avait permis à l’économie villeurbannaise de basculer dans industrialisation et d’améliorant les conditions de travail des ouvrières et ouvrier.

Seul le prononcé fait foi.

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