Conseil municipal du 5 janvier 2026
Rapport 2026-3 Budget Primitif
Intervention commune aux groupe Socialistes et Citoyenn·nes Villeurbannais·es, Communistes & Républicains, Cercle Radical et Place Publique et Les Écologistes par Agnès Thouvenot
Cher(e)s Collègues,
Nous y sommes : nous présentons ce soir le dernier exercice budgétaire de ce mandat. Il donne à voir le chemin parcouru depuis 2020 et ce que nous souhaitons poursuivre en 2026, sans jamais renoncer à notre ambition pour Villeurbanne, c’est-à-dire la doter d’un budget suffisant pour accompagner les besoins de ses habitant·es dans une ville qui grandit et se transforme.
Ce budget, c’est l’alliance d’une stratégie résolument volontariste et d’une méthode exigeante.
Depuis plusieurs mois, les élus de cette majorité et les services de la Ville qui, encore une fois confrontés à une période de profondes incertitudes budgétaires, ont réalisé un travail sérieux et de grande qualité. Qu’ils en soient sincèrement remerciés, tout comme notre collègue Jonathan Bocquet dont la pédagogie permet à chacun de comprendre les enjeux pour notre territoire.
Au fil de nos débats dans ce conseil, et même au-delà de ces murs, nous avons entendu beaucoup de choses sur ce budget, et plus globalement sur la gestion qui a été la nôtre depuis 2020. On nous a souvent dit que nous manquions de prudence, que nous faisions tout en même temps, ou que nous hypothéquions l’avenir… On a aussi, et c’est particulièrement regrettable voire peu responsable, mis en doute la sincérité des éléments budgétaires présentés dans cette instance.
Mais, cher·es collègues, dans un contexte de profonde insécurité à tous les niveaux – effondrement écologique et du vivant, financiarisation de la société poussée à l’outrance, instabilité institutionnelle permanente fragilisant lourdement la vitalité de nos territoires – les Villeurbannais·es n’attendent pas de nous de rester passifs face aux crises. Ils attendent que nous les en protégions en agissant pour affronter celles déjà là, et que nous préparions aussi la ville à celles qui viendront inévitablement. Ils attendent aussi de leurs élus l’anticipation face aux besoins nouveaux.
C’est pourquoi nous faisons le choix de mobiliser la capacité d’endettement de la Ville en engageant un plan d’investissement de 73 millions d’euros. Nous le faisons parce que nous en avons la capacité financière, que les besoins sont là et que nous anticipons aussi ceux de demain :
- pour rattraper les retards constatés en termes de qualité des équipements et des espaces publics
- pour accompagner une forte croissance démographique insuffisamment anticipée en terme de couverture d’équipements publics
- pour adapter notre territoire aux effets du changement climatique et atténuer les impacts sur l’environnement.
Ce que nous ne faisons pas, en revanche, c’est laisser cette dette s’envoler et réduire les capacités des prochains exécutifs à conduire des investissements prioritaires.
Nous laissons cela aux gouvernements successifs. Et que chacun soit rassuré ici :
- notre capacité de remboursement de la dette est de 2,5 ans, loin du seuil d’alerte fixé à 10 ans ;
- et notre capacité d’autofinancement est en hausse de 5,8%, passant de 27,9M€ à 29,5M€.
Autrement dit, notre gestion demeure exemplaire.
Il est là le courage politique – celui de ne pas verser dans l’ère de la post-vérité, de la trumpisation et des mascarades de la vie politique – y compris locale. Il est parfois plus simple de s’abandonner aux croyances d’une gestion supposée chaotique. C’est un choix.
Ce que nous continuons à faire à travers ce budget, c’est de construire, porter et garantir des sécurités municipales.
Sécurités, au sens le plus noble du terme renvoyant au droit naturel et imprescriptible qu’est la « sûreté » dans l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
Le droit à la sécurité, c’est celui qui permet la sauvegarde de la dignité de la personne humaine, mais aussi un ensemble de droits sociaux dont les institutions publiques sont les garantes.
Et c’est bien au nom de ce principe que notre majorité municipale à Villeurbanne, comme beaucoup de Villes comme les nôtres agissent au quotidien pour leurs habitantes et habitants au nom de la justice sociale et écologique et construisent des espaces de sécurités qui se répondent et se complètent.
Nous répondons au besoin de sécurité éducative en favorisant un cadre d’apprentissage plus agréable et durable. 18 millions d’euros sont engagés dans la rénovation et la restructuration de plusieurs groupes scolaires, comme Alice-Ball à Cusset, Jacques-Prévert aux Gratte-Ciel, ou encore le groupe scolaire Croix-Luizet.
Nous répondons aussi au besoin de sécurité climatique. Cette année ce sont près de 15 millions d’euros qui sont consacrés à adapter la ville aux effets du changement climatique. Cela passe par l’amélioration de la performance énergétique et du confort d’été des bâtiments municipaux en particulier les écoles et des équipements sportifs :
- des aides aux copropriétés pour la rénovation des logements,
- le raccordement au réseau de chauffage urbain du groupe scolaire Saint-Exupéry et de la cuisine centrale,
- ou encore la solarisation des toitures de plusieurs sites municipaux.
- Près 5,5 millions d’euros seront consacrés pour plus de nature en ville, comme la création du parc Roger-Planchon dans le nouveau quartier de la Filature et les travaux de végétalisation des cours d’école et crèche.
Qui peut dire ce qui est moins prioritaire pour ces investissements après l’année 2025 qui vient de s’achever comme étant la plus chaude de toute l’histoire ?
Nous répondons au besoin de sécurité alimentaire en accompagnant les plus jeunes vers une alimentation plus saine et équilibrée. 3 millions d’euros sont engagés pour le renouvellement des marchés alimentaires avec la mise en place d’un outil de mesure des origines des produits.
Nous répondons au besoin de sécurité économique. 860 000 euros sont engagés pour l’aménagement des nouveaux locaux du passage 33, un lieu ressource dédié à l’insertion professionnelle, à l’emploi, à la formation et à l’entrepreneuriat face à l’insécurité du marché du travail dont les plus fragiles sont les premières victimes.
Nous répondons au besoin de sécurité en termes de santé publique, avec ce plan de prévention et de lutte contre les discriminations dans la santé. Nous portons une attention particulière aussi à la santé mentale des jeunes, que ce soit par les points accueil écoute jeunes, ou encore en soutenant le « Festival de la santé mentale », l’un des projets lauréats de la dernière édition du budget participatif.
Pour favoriser la pratique d’une activité physique, nous engageons près de 10 millions d’euros dans les équipements sportifs, correspondant aux nouveaux besoins des habitants et aux demandes des très nombreuses associations, avec la mise en service du complexe Alice-Milliat ou les travaux de restructuration du complexe sportif Dominique-Mateo.
Nous répondons au besoin de sécurité sociale et solidaire. Nous reconduisons le dispositif d’aides facultatives pour les personnes les plus modestes et ainsi réduire l’aggravation de leurs difficultés. Nous maintenons notre engagement dans la lutte contre le sans-abrisme, là où d’autres démissionnent de cette responsabilité.
Nous répondons enfin aux besoins de sécurité et de tranquillité publique en appliquant notre stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance.
- En 2026, 3 postes supplémentaires viendront compléter les effectifs de police municipale, soit 75 agents. Ils étaient 30 en 2020.
- Ce sont aussi 34 nouveaux points d’implantation de vidéoprotection et 2 caméras nomades, soit 468 flux de vidéoprotection pour une ville plus sûre.
- En parallèle, les actions de prévention dans le quartier du Tonkin seront également poursuivies.
Nous répondons à cela et à bien d’autres besoins :
- pour les familles avec la mise en place du service « Crèche à la demande » nous permettons à des parents de trouver une solution de mode de garde en dernière minute dans nos crèches municipales.
- pour les seniors avec la rénovation de l’accueil de la Maison des aînés permettant un accueil de qualité et une orientation sur mesure pour accompagner les personnes et leur famille en perte d’autonomie.
- pour les personnes porteuses d’un handicap avec la mise en accessibilité de plusieurs bâtiments publics.
Voilà donc un budget fidèle aux valeurs qui ont été les nôtres pendant ce mandat :
- un service public préservé, renforcé avec des agents mieux rémunérés. Quel poste faudrait-il supprimer ?
- plus de justice sociale ;
- une transition écologique assumée.
Alors oui, notre ville n’est plus tout à fait celle qu’elle était à notre arrivée. Et si sa mue n’est pas encore terminée, nous sommes convaincus que Villeurbanne est désormais plus robuste, plus protectrice et plus juste pour celles et ceux qui l’habitent aujourd’hui et qui l’habiteront demain.
C’est pourquoi nos groupes soutiendrons ce rapport.
Je vous remercie.
Seul le prononcé fait foi.