Conseil municipal du 23 février 2026
R-2026-112 Recrutement et rémunération d’agents vacataires pour les secteurs de l’animation, du sport, des espaces publics naturels, du transport et de l’éducation
Intervention commune aux groupes Parti Socialiste Citoyen·nes Villeurbannais·es, Cercle Radical Place Publique, Communiste & Républicain, Les Écologistes portée par Jonathan Bocquet
Chers collègues,
En 2026, nous fêtons les 90 ans de la loi sur les congés payés du Front populaire et les 150 ans de la première colonie de vacances. En 1998 une loi portant sur la lutte contre les exclusions reconnaissait le droit de partir au moins une fois par an en vacances comme droit fondamental.
Pourtant, entre 30 et 40 % des enfants ne partent toujours pas en vacances chaque année et, d’après l’INSEE, c’est essentiellement pour des raisons financières.
Est-ce parce qu’ils ne votent pas que les enfants sont les premiers sacrifiés ? On peut s’interroger après que la France s’est de nouveau vu reprocher ses manquements à la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.
Encore récemment, un choix à leurs dépens puisque le budget 2026 de l’État a été arbitré, dans sa version finale, sans les 10 M€ que le Sénat avait ajouté pour soutenir les départs en colonies de vacances. Les fédérations de l’éducation populaire nous alertent aussi sur la suppression des « Colos apprenantes », pour une économie de 36 M€, alors qu’elles permettaient à 80 000 enfants précaires de partir en vacances.
À l’échelon municipal, nous agissons pour le droit aux vacances en développant l’offre d’activités.
Avec cette délibération, nous autorisons le recrutement et la rémunération de plusieurs dizaines d’éducateurs et d’animateurs pour nos activités sportives, éducatives, culturelles ou tout simplement ludiques. Chaque année, plusieurs centaines d’enfants villeurbannais peuvent ainsi découvrir de nouveaux horizons et de nouvelles personnes, ce qui contribue à la formation de futurs citoyens éclairés. Ces recrutements permettent donc à la ville, aux centres sociaux, aux maisons de quartiers et associations locales de continuer à faire jouer, danser, nager nos enfants, et de continuer à leur proposer des activités culturelles, créatives, festives.
Le droit aux vacances pour chaque enfant n’a rien d’un combat anecdotique.
Partir, découvrir, respirer ailleurs, c’est grandir autrement. Le droit aux vacances, c’est un droit à l’évasion et une liberté qui nourrit l’imaginaire.
Ce droit est une question d’équité : aucun enfant ne devrait être privé d’une pause dans son quotidien et d’un accès à des loisirs. Or, l’offre de loisirs assurée par les associations ou les collectivités est pour beaucoup d’enfants la seule option.
Garantir l’accès aux séjours collectifs, c’est lutter contre les inégalités dès le plus jeune âge. C’est permettre des rencontres, des apprentissages et des souvenirs qui marquent une vie. C’est favoriser l’épanouissement, la confiance en soi et l’ouverture aux autres. C’est aussi soutenir les familles et renforcer la cohésion sociale.
Notre collectivité s’engage aux côtés des associations et du secteur de l’animation. L’État doit en faire de même. Nous réaffirmons le droit aux vacances.
Je vous remercie.
Seul le prononcé fait foi