Crèche Jean-Jacques Rousseau

Conseil municipal du 5 juillet 2021

R-2021-185 Renouvellement de la délégation de service public pour la gestion de l’établissement d’accueil du jeune enfant (EAJE) Jean-Jacques Rousseau

Intervention de Jacques Vince

Monsieur le Maire, chers collègues,

En préambule et avant d’exposer la position de notre groupe, je voudrais souligner la qualité de la méthode proposée par Mme Martineau sur un sujet que l’on a bien identifié comme pouvant potentiellement nous diviser. Le rapport qui nous est soumis ce soir a fait l’objet d’échanges approfondis et sincères et je l’en remercie.

Comme nous l’avons déjà exprimé à plusieurs reprises, en particulier lors de la Commission consultative des services publics locaux, nous sommes dans la retenue au sujet de cette délibération pour le renouvellement de la DSP de l’Établissement d’accueil du jeune enfant JJ Rousseau.

En effet, ce mode de gestion nous gêne à au moins deux titres :

  •  d’une manière générale d’abord, nous considérons que la ville doit pouvoir assurer en régie un service public de la petite enfance, à côté d’une offre privée associative : nos crèches municipales illustrent bien le savoir-faire de la ville et de ses agents, sans avoir recours à un délégataire. Tout comme d’autres services assumés pleinement par la ville, dans l’intérêt général. Il y a quelques années, la ville avait par exemple réfléchi à la gestion de la cuisine centrale, sous l’égide de l’adjoint écologiste de l’époque, M. Bouquet, et la majorité avait fort heureusement tranché en faveur de la régie, et non d’une DSP. La crèche est le premier lieu de vie, de socialisation et d’épanouissement collectif de nos petits villeurbannais, pourquoi faire l’économie d’avoir la complète gestion de cet outil si important ?
  • Car, et c’est le 2e point qui nous gêne, c’est bien justement d’économie réalisée par la ville qu’on nous parle pour justifier cette DSP. C’était déjà le principal, et finalement le seul, argument avancé en 2017 lors de l’ouverture de cette brèche. Il est également avancé qu’une DSP aurait plus de facilité à recruter car les métiers de la petite enfance sont sous tension. À la lecture des différents documents qui nous ont été remis et notamment  le rapport d’activité, nous constatons malheureusement que le turn-over est grand dans cet établissement et que le délégataire connait aussi des difficultés de recrutement, ne remplissant pas ses engagements sur le niveau de qualification de ses salariés.

La régie peut peut-être coûter plus cher en intégrant les coûts totaux (évolution de carrière, formation…), mais n’est-ce pas justement le gage d’un service de qualité que d’avoir du personnel bien rémunéré, bien formé et bien accompagné ? La ville n’est-elle pas en position de consacrer quelques dizaines de milliers d’euros par an pour gagner en lisibilité et en service avec un accueil de la petite enfance intégralement en régie ou délégué à des partenaires associatifs et non à des prestataires privés. Avec cette exception, nous perdons en lisibilité. Au point qu’on se demande si elle est un coin dans la porte pour le futur ou si elle est simplement, si je puis dire, un espace d’expérimentation ?

Malgré les fortes réserves que je viens d’esquisser, nous sommes prêts à entendre qu’un tel espace d’expérimentation puisse apporter des retours d’expériences pour nos établissements en régie, en particulier sur des thématiques telle que la transition écologique sur laquelle le délégataire actuel semblait à la fois volontariste et prêt à partager avec la ville.

Mais force est de constater qu’au regard du rapport même du délégataire, aussi bien sur ces thématiques que sur le cadre d’emploi, le compte n’y est pas. Les objectifs ne sont pas non plus remplis en termes de taux d’occupation ou de gouvernance de la structure. Toute la difficulté est de savoir à quel point la crise sanitaire a pesé sur ces résultats insuffisants. Au bénéfice du doute, la ville peut certes donner une seconde chance, mais nous aurions alors souhaité un renouvellement pour une durée limitée à 3 ans pour un premier état des lieux.

Un mode de gestion est toujours un choix politique. Nous aurions préféré un autre choix mais pour les raisons que nous venons d’évoquer et dans une démarche constructive qui tient compte des circonstances particulières de ces deux dernières années, nous nous abstiendrons.

Nous serons en outre d’une grande vigilance quant  à la mise en œuvre de tous les objectifs de cette DSP et par ailleurs, à l’amélioration des conditions de travail des personnels municipaux et à la réalisation effective de 100 berceaux supplémentaires dans le mandat, comme notre équipe s’y est engagée, avec une offre qualitative… et en régie !

 Je vous remercie.

Seul le prononcé fait foi.

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