Budget : une rallonge capitale !

Conseil municipal du 4 juillet 2022

Rapport 2022-213 Décision Modificative n° 2
Intervention de Jacques Vince

Monsieur le Maire, mesdames, messieurs, chers collègues

Comme a pu le dire M. l’adjoint aux finances en commission, cette décision modificative n’est pas seulement technique. Avant d’en venir au point central qui en fait sa particularité, notons qu’elle marque le volontarisme de la ville quant à l’acquisition foncière et nous nous en félicitons. Au titre des dépenses de fonctionnement, l’action sociale n’est pas en reste (CCAS, TZC). Certains dépenses sont encore liées à la crise sanitaire, d’autres à l’augmentation du prix de l’énergie mais globalement le nombre de lignes de cette rubrique indique la réactivité dont fait preuve la ville et la diversité des actions engagées. Mais c’est surtout la principale dépense non prévue que nous aimerions ici évoquer, celle concernant l’opération Villeurbanne Capitale Française de la Culture 2022.

Avoir l’honneur d’être la 1ère ville à obtenir ce label s’accompagne d’une forme d’expérimentation sur différents plans : audace et innovation artistique évidemment mais également expérimentations budgétaires puisque nous devons faire une rallonge significative, essentiellement en fonctionnement.

Si l’on ajoute toutes les lignes concernées nous arrivons à un surplus (par rapport à ce qui a été voté précédemment) de près de 5 millions 7, avec par ordre croissant des dépenses : des balades urbaines (11 000 €), les miniMix (15 000 €) , un site internet (18 130 €), des aides aux petites compagnies (182 000 €), des frais logiques de communication (440 000 €) et surtout des contrats artistiques pour près de 5 millions d’euros.

La facture est donc élevée mais notre volontarisme budgétaire est la meilleure réponse au dédain du président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Nous savons bien que la Culture, comme la jeunesse, n’est pas la priorité du Président de la Région, nous en avons des preuves à chaque session du Conseil régional. Mais si la Métropole de Lyon a pris sa part, nous souhaitons en revanche mettre en lumière le manque d’aide de l’État et d’autres collectivités pour un projet aussi ambitieux, qui fait rayonner Villeurbanne à l’échelle nationale.

A-t-on été trop ambitieux, a-t-on vu trop grand sur certains événements qui viennent déséquilibrer le budget ? Y-a-t-il eu des dépenses non anticipées comme par exemple celles liées à la sécurisation des sites ?

La satisfaction semble générale au sujet des événements ayant eu lieu à ce jour, la fréquentation massive sans aucun incident en est un des principaux indicateurs. À la mi-année il est bien trop tôt pour tirer un bilan mais d’ores et déjà nous pouvons alerter l’État et lui dire pour les éditions suivantes et éventuellement pour cette première édition également : donnez aux villes lauréates les moyens de votre ambition, en particulier au regard de NOTRE ambition.

« Capitale Française de la Culture » ne devrait pas n’être qu’un label octroyé sur dossier sans les moyens financiers qui sont nécessaires pour un projet de qualité. Car Villeurbanne a choisi d’en faire plus qu’un affichage et un concert d’un soir, mais qui l’oblige, pour faire écho aux spectacles de ce week-end, à jongler avec des équilibres budgétaires difficiles à tenir. Félicitons-nous du travail effectué toute l’année avec les établissements scolaires publics, les jeunes, dans tous les quartiers, pour toutes et tous, en faisant de la facilité d’accès une fin et de la gratuité un moyen.

Nos cœurs battent, nos yeux brillent, et ce n’est pas fini ! Cette expérience marquera positivement la Ville et ses habitants pendant plusieurs années.

Nous voterons donc ces rallonges budgétaires, mais nous souhaitons dire ici qu’elles ne doivent pas se faire au détriment des autres politiques publiques et des nombreux autres projets inscrits au plan de mandat, y compris en matière de budget de fonctionnement. Oui, cette année exceptionnelle aura contribué à diminuer la capacité d’autofinancement de la ville pour 3,7 millions environ mais rappelons que celle-ci reste bonne. Avec les investissements supplémentaires elle nous conduit à recourir à l’emprunt pour un montant de 5,6 millions, cela nous obligera sans doute à revoir nos engagements budgétaires de fin de mandat. La culture n’est pas secondaire par rapport à tous les autres projets d’investissement que nous portons pour les villeurbannaises et villeurbannais mais elle ne doit pas non plus les contraindre.

Le 15 juin dernier plus de 300 000 bacheliers se sont vus proposés de traiter la question suivante au bac de philo : « les pratiques artistiques transforment-elles le monde ? ». Nous avons évidemment envie de répondre positivement, mais en ajoutant qu’elles ne sont pas seules à pouvoir le faire.

Je vous remercie

Seul le prononcé fait foi

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